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    IL ÉTAIT UNE FOIS DANS UN VERGER...

     
    pomme-damour
    Un magnifique verger s'étendait voluptueusement sur le bord de notre beau fleuve Saint-Laurent.  Les racines de ses nombreux pommiers s'enfonçaient dans cette belle terre riche de l'Île d'Orléans...
     
    En mai, une floraison abondante ressemblant à un affriolant voile de mariée...  avait attiré une multitude d'abeilles à la Noce du Printemps...  Celles-ci, s'étant gavées de doux pollen avaient sautillé de fleur en fleur y déposant délicatement une poussière fertilisante.  Les chauds rayons du soleil et la pluie bienfaisante avaient fait éclore des milliers de petites pommettes, promesses d'une récolte abondante, l'automne venu...
     
    Le pommiculteur qui veillait amoureusement sur son verger, découvrit en se promenant de bon matin, qu'un de ses pommiers avait bien triste mine.  Celui-ci se tenait piteusement dans son petit coin et n'était garni que de petits grelots verts tandis qu'autour de lui, ses nombreux compagnons rougissaient de fierté.
     
    pomme
     
    -  Que se passe-t-il mon bon ami?  Je prends pourtant un soin jaloux de toi!
     
    Une goutte de sève s'écoula alors tout doucement du tronc du petit pommier.  Et, d'une voix étouffée, l'arbre lui confia son gros chagrin...
     
    -  Je ne veux pas que mes pommettes rougissent, grossissent et me quittent à l'automne...  De si belles fleurs sont sorties de mes bourgeons.  J'étais si fier de les tenir dans mes bras!  Ma vie ressemblait à un poème floral.  Le vent jouait du violon entre mes branches, les abeilles giguaient et l'odeur me soûlait!  Là, je suis habillé de tendres feuilles mais je ne veux surtout pas perdre aucun de mes fruits!  J'en suis si fier et amoureux!  De plus, je me sentirai si coupable de les voir s'échoir à mes pieds ou cueillis par n'importe qui!  La tristesse m'envahit déjà et je suis certain que la solitude de l'hiver m'assèchera!
     
    pomme
     
    Le pommiculteur qui était un GRAND SAGE, écouta et partagea avec empathie "l'État d'être" que ce chagrin immense causait à son arbre.  Il prit le temps de réfléchir pour lui communiquer la "bonne parole"...  enfin, il lui chuchota ceci :
     
    -  Pommier, mon beau pommier, tes sentiments t'honorent et je t'admire.  Cependant, n'abandonne jamais le sens de ta mission qui est celle de rendre à maturité tous les fruits que tu as engendrés...  Ceux-ci feront la joie de nombreux bambins qui croqueront à belles dents dans leur chair juteuse!  Une grand-mère les pèlera avec tendresse pour confectionner de délicieuses tartes...  Ta gelée reluira sur la tartine du travailleur et que dire des nombreux pots de compote qui orneront les tablettes de plusieurs garde-manger?  Bien sûr, tu ne verras plus tes fruits mais ils continueront d'une autre façon à te donner la fierté du devoir accompli!
     
    Rassuré, l'arbre lui répondit après quelques minutes de réflexion...
     
    -  Toi, je le sais que tu es mon ami et mon protecteur.  Ne m'as-tu pas transplanté alors que je n'étais pas plus haut que "trois pommes"?  Je ne demande donc qu'à te croire puisque tu m'as permis d'évoluer dans ce champs que je considère comme un paradis sur Terre!
     
    pomme
     
    Oui, il faut croire à cette histoire...  Ce pommier fait maintenant la fierté de son protecteur et il a traversé depuis ce temps à travers de nombreuses saisons.  Son écorce continue à protéger son "coeur de pomme" et il est si fier d'avoir LÂCHÉ PRISE face aux cycles perpétuels de la Vie qui ne regarde que par devant!
     
    Moi aussi, je laisse tomber les pommes de mon arbre...  surtout celles de la "culpabilité" et de la "possession"!!!  Après tout, n'est-il pas véridique que le pépin contient le pommier de demain?
    (jojo)pomme 
     

    L'autre femme

    L'amour est enfant de bohème et parfois il s'installe dans un endroit inattendu.  Un terrain défendu de passer par les bien-pensants.  Je ne parle pas ici de la femme qui s'amuse à prendre au filet le coeur papillonnant de l'homme marié.  Je parle de celle dont le coeur débat pour l'homme marié qui ne veut ou ne peut casser les liens avec sa femme légitime.
     
      Cette femme, appelée L'AUTRE,  ne choisit pas toujours de vivre cette situation mais son coeur reste fidèle à l'homme aimé malgré la solitude vécue.  J'aurais pu être cette "autre femme" mais j'ai refusé.  Déjà, j'avais eu si mal et je ne m'en sentais pas la force et le courage.  J'ai tout de même du respect pour cette femme et je couche sur la page ce que je ressentais quand je me suis rendue compte que l'homme qui me plaisait n'était vraiment pas prêt à quitter sa relation pourtant boiteuse et qu'il préférait se vautrer dans le fauteuil de l'ennui plutôt que d'agir et de prendre son bonheur en mains.
     
     
     
    Hommage L'AUTRE FEMME
     
    Je suis celle appelée "l'autre femme".  Celle qui n'a pas le beau rôle.  La sorcière qui transforme tout et que l'on déteste même si l'on ne connaît pas le fond de son coeur.
    Je suis sa "fée des étoiles" en attente de son Père Noël.
    Je suis celle qui distribue des parcelles de plaisir qu'il attrape au vol avant de s'échapper à nouveau sans savoir quand il reviendra.
    Je suis le jouet oublié sur la tablette après l'heure de fermeture de la boutique.
    Je suis celle qui ne vit que pour l'appel quotidien qui saupoudra de la douceur sur sa vie de solitaire en attente d'un prince qui ne s'approche pas souvent pour la réveiller d'un doux baiser.
    Je suis jolie comme une poupée ancienne bien installée sur le dessus du lit.  Je fais un sourire mais mes cheveux reçoivent peu souvent la caresse de sa main.  Ma robe n'est pas fripée et ma crinoline non-retroussée.
    Je suis celle qui attend dans l'antichambre.  Celle qui entre peu souvent dans la chambre à coucher.  Je suis draps froissés et frissons à se rappeler.
    Je n'ose pas parler, je n'ose pas le forcer.  Oui, les mots se bloquent dans ma gorge et mon coeur débat à force de se battre contre ce destin.
    Je suis celle qui attire et qui transforme l'épouse en martyre.
    Je suis l'objet de ses pensées mais c'est avec la "vraie" qu'il est couché.
    Je suis l'âme en perdition qui fait perdre la raison.
    Je suis la mendiante de tendresse et je me sens appauvrie.
    Je suis la larme ravalée pour ne pas le déranger.
    Je suis celle qui doit taire son angoisse et se montrer forte malgré ses tremblements de frayeur.
    Je suis celle qui ne sait rien de l'avenir.  Celle qui ravale et qui soupire!
    Je suis un printemps en attente et un ciel bleuté durant l'été.
    L'automne est monotone et l'hiver me fait grelotter!
     
    QUI SUIS-JE?
    JE SUIS ATTENTE ET ESPÉRANCE!
     
    Cette "autre femme" peut être ta voisine ou celle que l'on appelle la célibataire endurcie.  Elle peut porter le voile et jouer un rôle effacé.  Elle garde précieusement son secret et on dit d'elle qu'elle est discrète ou timide.  Parfois, on n'ose pas lui parler car son semblant d'indépendance semble la faire vivre dans sa bulle cristallisée.
     
        Ne dit-on pas que personne ne peut mesurer, pas même les poètes, tout ce que peut contenir le coeur?  Alors, avant de juger il vaut mieux remercier d'être accompagné(e) par un compagnon ou une compagne que l'on peut présenter.  À quoi bon lever le nez?
     
      Il faut aussi se rappeler que lorsque l'on crache en l'air cela peut nous retomber sur le nez!!!  Personne n'est à l'abri et jamais rien n'est acquis!  La plupart du temps, nous ne voyons pas les choses comme elles sont mais plutôt nous les interprétons...
     
    Je veux donc rendre hommage à L'AUTRE FEMME dont le coeur est esseulé.  Cette tendre compagne qui est là pour apporter douceur et beauté à un homme dont elle est incapable de se séparer.  Cela le rend infidèle mais pour lui elle est fidélité.  Souvent la larme déborde et elle frissonne d'anxiété.  Dès que le téléphone sonne, elle accourt et son coeur semble s'arrêter de battre.  Elle vit souvent de la déception mais ses sentiments font qu'elle ne peut abandonner cet homme qu'elle n'arrête pas d'espérer...(jojo)
     
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    Tendre la main

    Quand le ciel est bleu et que les nuages vaporeux volent bien haut au-dessus de ma tête.  Quand l'oiselle sur la branche se transforme en soprano pour me charmer.  Quand les sourires fleurissent comme des fleurs écloses pour m'offrir leur beauté.  Oui!  Quand tout se fait charme et délectation, il m'est alors facile de maquiller mon visage d'un sourire prenant sa source au fond de mon coeur palpitant.  La sérénité ressentie me fait facilement entrer en contact avec tout l'amour qui m'habite et il est alors si facile de distribuer tout l'amour et le bonheur ressentis en moi.  Je reçois tellement que je donne sans compter.  Mes mots d'encouragement se font baume pour la souffrance des autres et le partage est joie!
     
     Mais, hélas!  Il y a des minutes difficiles à vivre.  Elles ressemblent à des heures soupirées.  Des moments où le coeur me débat à m'en faire si mal que la gorge me serre et que je recherche mon souffle en haletant.  Un poids énorme pèse comme une pierre lourde sur mon plexus brûlant.  L'impression d'être dans un tunnel obscur et sans fin m'empêche d'avancer.  La peur devient maîtresse de mes pensées et de mes actes.  Les larmes se tiennent sur le bord de mes paupières et les écluses sont prêtes à ne plus pouvoir retenir ce flot de peine qui m'empêche de garder la tête hors de l'eau...  Comment pourrais-je nager si mes bras sont engourdis et que le boulet de la mésestime m'attire vers le fond du puit si profond?
     
      C'est à ce moment que je fais fi de l'orgueil et de mes sursauts de fierté mal-placée pour tendre la main!  J'ose me déshabiller, mettre à nu mes inquiétudes et je demande aux bonnes personnes de m'apporter l'oxygène dont j'ai tant besoin.  À quoi me servirait de m'enfoncer de plus en plus dans le sable mouvant cherchant à m'engloutir?  Qu'est-ce que cela me donnerait de me refermer comme une huître et de faire semblant que tout va bien quand je souffre de tant d'insécurité?  Un ami, un médecin compréhensif, une entrevue avec une personne habilitée à m'aider peut faire toute une différence.  Oui!  Il est important que je tende ma main pendant qu'il est encore temps avant de sombrer dans la neurasthénie!
     
    Personne ne peut savoir tout ce que je ressens au fond de moi si je ne parle pas.  Rien ne me sert de leurrer les autres et surtout de me leurrer moi-même.  La santé mentale est très exigeante et il faut savoir l'entretenir!  Tendre la main pour se faire aider et épauler c'est agir pour son plus grand bien.  Une peine dite est déjà amoindrie.  Si j'ai le nez collé à un mur de pierre...  ma vision est très restreinte et le découragement n'est jamais loin!  Me dire à l'autre c'est me libérer d'une partie de mes peurs. 
     
      je me dois de faire un effort pour demander à mon tour d'être épaulée...  Ces anges dans ma vie vont m'aider à persévérer et à compter les bénédictions dont ma vie est encore parsemée malgré les apparences...
     
    Tendre la main vers l'autre c'est être authentique et franche.  C'est demander à Dieu de me prendre dans ses bras pour m'aider à traverser une période désertique.  C'est voir le beau en toi, en l'autre pour en extirper ce que vous voudrez bien m'offrir avec un coeur si généreux!
     
    Angéla Davis a écrit:  "Les murs renversés deviennent des ponts."... 
     Aide-moi à faire tomber mes murs et je pourrai traverser le pont qui me fait si peur
    et ainsi t'inviter à venir me rejoindre afin que nous le traversions à deux!
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